Toxicomanie : rapport européen des drogues 2016
L'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT ou EMCDDA) a rendu son rapport 2016 avec les conclusions suivantes :
- hausse de la consommation d'un cannabis toujours plus puissant,
- résurgence de l'ecstasy
- développement des marchés en ligne
Plus de 88 millions d’adultes (plus du quart des personnes âgées de 18-64 ans) dans l'Union européenne ont déjà consommé des drogues illicites.
Le cannabis est la drogue la plus consommée en Europe
Le cannabis est la drogue la plus consommée d’Europe, 51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes ont déjà goûté à un joint. 1% des adultes européens sont consommateurs quotidiens ou quasi quotidiens de cannabis.
Le marché des drogues illicites dans l'UE est estimé à 24,3 milliards d'euros en 2013. En tête de ce gigantesque marché, le cannabis représente 38% soit 9,3 milliards d'euros, devant l'héroïne (28%), la cocaïne (24%), les amphétamines (8%) et l'ecstasy (3%).
Le cannabis représente aussi 77% des saisies de drogue en Europe (50% pour l'herbe et 24% pour la résine et 3% pour les plants de cannabis), très loin devant la cocaïne et le crack (9%), les amphétamines (5%), l'héroïne (4%), l'ecstasy (2%).
Et jamais la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) n'a été si forte : 8 à 12% pour l'herbe, 12 à 18% pour la résine de cannabis.
Cette hausse peut-être due à l'émergence de techniques de production intensive en Europe et, plus récemment, à l'introduction de plants à forte teneur en principe actif au Maroc.

L’ecstasy en pleine résurgence
L'ecstasy fait un come-back tant auprès des consommateurs de stimulants classiques qu'auprès d'une nouvelle génération de jeunes usagers.
Substance de synthèse, la MDMA est généralement consommée sous forme de comprimés fortement dosés d'ecstasy, de poudre ou de cristaux. Toute une série de logos, de couleurs et de formes sont disponibles, de même qu'une production à la commande et un recours à un marketing sophistiqué et ciblé.
Il pourrait s'agir d'une stratégie délibérément mise en œuvre par les producteurs afin d'améliorer la réputation de cette drogue après une longue période pendant laquelle sa piètre qualité et les nombreuses contrefaçons ont fait diminuer sa consommation.
13 millions d'Européens (3,9%) ont ainsi déjà consommé de l'ecstasy et 2,5 millions dans l'année écoulée. Dont 2,1 millions des 15-34 ans.
Même si la plupart des transactions se déroulent « à l'ancienne », l'observatoire souligne que le potentiel d'expansion de l'offre de drogue en ligne semble considérable, avec le marché des « darknets » (réseaux clandestins non référencés), le cryptage des données et des techniques de paiement difficiles à retracer.
L’état global
Des disparités régionales peuvent être observées sur le marché des stimulants, la consommation de cocaïne étant plus élevée dans les pays d'Europe de l'Ouest et du Sud, tandis que les amphétamines sont plus présentes au Nord et à l'Est.
Tous ces produits ont vu une amélioration de leur pureté, avec des prix stables. En 2014, environ 60 % de toutes les saisies déclarées dans l’Union européenne l’ont été par deux pays seulement, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Au moins 6 800 décès par surdose, principalement associés à l'héroïne, ont été recensés dans l'UE en 2014, avec des hausses « préoccupantes » en Irlande, en Lituanie, en Suède et au Royaume-Uni. 1,3 million d'Européens sont considérés comme des usagers problématiques d'héroïne. 644.000 usagers d'opiacés ont reçu un traitement de substitution en 2012.
Le rapport pointe enfin un dernier phénomène préoccupant : l'essor de nouvelles substances psychoactives (cannabinoïdes et opiacés de synthèse notamment), parfois toxiques.
"Les jeunes consommateurs peuvent, à leur insu, servir de cobayes humains pour des substances dont les risques potentiels pour la santé sont dans une large mesure inconnus", estime ainsi l'OEDT. Pas moins de 98 nouvelles substances ont été signalées en 2015, 101 en 2014.
L’Europe est confrontée à des problèmes de drogues de plus en plus importants. L’offre et la demande de nouvelles substances psychoactives, de stimulants, d’héroïne et d’autres opiacés continuent d’augmenter, ce qui a des conséquences majeures en termes de santé publique.
Sources :
Le rapport Européen des drogues 2016 de l’EMCDDA : A télécharger ici