Cannabis et alcool influencent les comportements sexuels

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Si ces deux substances favorisent les rencontres et la proximité sexuelle, c’est aussi parce qu’elles agissent sur le psychisme et la perception de soi. Elles favorisent les contacts sexuels en agissant sur plusieurs paramètres. Mais elles encouragent aussi les comportements à risque…

Comment les substances psychoactives ont-elles un effet sur la sexualité des consommateurs ?

Le cannabis à usage récréatif a beau être interdit dans de nombreux pays, il n’en est pas moins consommé. Avec l’alcool, c’est l’une des substances à effets psychoactifs les plus plébiscitées.

Dans une étude parue dans Archives of Sexual Behavior, des chercheurs de l’université de New York se sont intéressés à l’influence de l’alcool et du cannabis sur le comportement sexuel des adultes.

Ils ont interrogé 12 hommes et 12 femmes hétérosexuels et séronégatifs récemment consommateurs de cannabis et d’alcool au sujet de leurs comportements avant, pendant et après les rapports sexuels sous l'influence de ces 2 substances.

L’objectif étant de discerner comment ces substances pouvaient influer sur le risque de comportements sexuels à risque. A ce stade, il s’agit de données qualitatives, impossibles à quantifier, à partir de ce faible échantillon.

 

Une influence sur le contexte de consommation

Les scientifiques ont tout d’abord observé les situations menant à la consommation de l’une ou l’autre des substances : l’alcool à l’extérieur, le cannabis dans la sphère privée.

En effet, alors que l’alcool s’invite le plus souvent dans des lieux de rencontres extérieurs, des espaces sociaux partagés, le cannabis est davantage utilisé dans des espaces plus intimes et des lieux privés.

 

Le cannabis est généralement consommé avec des personnes que l’on connaît déjà. L'illégalité du cannabis ou son caractère « interdit » semble faciliter les interactions sexuelles et les gestes et rapprochements sexuels.

Tandis que l'alcool est le plus souvent un moyen de se désinhiber et de se socialiser plus facilement, favorisant ainsi les rencontres de nouvelles personnes et l’augmentation du nombre de partenaires potentiels. Ici, les participants rapportent non seulement un sentiment de sociabilité accrue mais aussi un gain « d'audace ».

Une incidence sur le psychisme et la perception de soi

L’alcool mène aussi vers des partenaires plus « atypiques », baisse les normes habituelles d’une personne et inspire ainsi du regret après le rapport sexuel. Il mène fréquemment à des rencontres improbables et à des comportements plus à risques.

En bref, l’alcool semble effacer les affinités électives.

Le cannabis quant à lui, peut avoir des effets plus ambivalents et rend le consommateur plus exigeant et sélectif dans son choix de partenaire.

Dans les deux cas, alcool et cannabis favorisent les rencontres et la proximité sexuelle, en agissant sur le psychisme et la perception de soi.

Globalement, les consommateurs se trouvent en général plus attirants, les deux substances étant généralement associées à la perte d'inhibitions, notent les scientifiques.

 

Des effets négatifs constatés

Certains utilisateurs soulignent néanmoins des effets négatifs de l'alcool et du cannabis, comme la dysfonction sexuelle. En particulier, certaines femmes associent l’usage du cannabis à la sécheresse vaginale et certains hommes, l’excès d’alcool au risque d'« impuissance ».

Les deux substances sont également associées à une augmentation du sentiment d'auto-attractivité, mais peut-être plus avec l'alcool.

L'alcool semble conduire à moins de satisfaction après le sexe, que le cannabis. Mais le cannabis a également ses effets secondaires, comme l’augmentation de l'anxiété ou de la méfiance dans des situations peu familières.

 

Mieux orienter la prévention pour réduire les comportements à risques

Cannabis et alcool sont associés à des effets sexuels uniques, la consommation d'alcool conduisant à des comportements sexuels plus risqués. Cependant, les deux encouragent aussi les comportements à risque et semblent augmenter le risque de rapports sexuels non protégés.

Des données qui peuvent permettre de mieux cibler les initiatives de prévention chez les jeunes, en particulier chez ceux qui consomment du cannabis, a qui « on dit simplement de ne pas l'utiliser », concluent les auteurs.

« Nous devons continuer les recherches sur les comportements sexuels afin de nous assurer que la prévention auprès des usagers et potentiels usagers est adaptée et qu’ils sont conscients des effets sexuels de ces substances », souligne d’ailleurs le docteur Joseph Palamar de l’université de New York.

 

Zoom sur la sexualité des femmes et la consommation d’alcool

Une étude menée par la start-up américaine Glow s'est intéressée à l'influence de l'alcool sur le comportement des femmes. Certes, les femmes ont plus facilement des rapports sexuels mais ils sont surtout moins protégés et beaucoup plus regrettés par la suite : 1 femme sur 2 a déjà regretté son comportement sexuel sous l'emprise de l'alcool.

L’étude a récolté des données auprès de 4 millions d’utilisatrices d’applications santé à destination des femmes: sur leur vie sexuelle, leur cycle menstruel, la fertilité, la grossesse...

Les points à retenir :

- Le samedi soir est le soir où les femmes boivent le plus et le mardi où elles sont les plus sobres.

- 28 % des femmes expliquent boire avant tout pour une occasion spéciale, 19 % une ou deux fois par mois, 20 % une fois par semaine et 11 % tous les jours.

- Au bout de combien de verres se sentent-elles saoules ? 1 verre pour les 5 % des femmes les plus sensibles, 2-3 verres pour 35 %, 4 à 6 verres pour le plus grand nombre (45 %) et plus de 7 verres pour les 15 % des plus résistantes.

- L'été est assez logiquement plus favorable à l'alcoolémie. Avec une consommation record en juillet, suivi par les mois d'août, de mai et de juin. Le mois de janvier, celui des bonnes résolutions après les excès des fêtes, enregistre, la plus basse consommation de l'année.

- Les petites préférences en termes de boissons alcoolisées vont au vin (25 %), à l'alcool fort (23 %), aux cocktails (22 %) et à la bière (14 %).

- 55 % des femmes confient qu'elles ont déjà regretté un comportement sexuel sous l'emprise de l'alcool.

- Au-delà de 3 verres, les comportements sexuels deviennent plus risqués, c'est-à-dire moins protégés et avec plus regrets possibles sur le choix du partenaire le lendemain... En parallèle, on enregistre une augmentation des oublis de pilule et de la prise de la pilule du lendemain après une soirée alcoolisée.

 

Sources :

Santelog.com

20minutes.fr

grazia.fr

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