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Alcool, cannabis : les adolescents plus vulnérables

Alcool, cannabis : les adolescents plus vulnérables

Les jeunes sont plus vulnérables à la consommation d’alcool et de cannabis que les adultes. Leur cerveau en développement est particulièrement sensible aux effets toxiques de ces drogues. Un petit rappel des risques encourus, bien utile pour aborder ce sujet avec eux.

Les risques sur la santé

L’impact sur le cerveau

« Les jeunes de 15 à 25 ans sont plus vulnérables car, dans cette tranche d’âge, le cerveau est en phase de maturation », souligne le docteur Laurent Karila.

En effet, le cerveau se développe jusqu’à 25 ans et il est durant cette période, très sensible aux effets toxiques des drogues. Consommé de manière excessive, le cannabis tout comme l’alcool, créent des lésions irréversibles qui altèrent son fonctionnement et sa morphologie. Cela entraîne des effets cognitifs : troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire à court terme, celle utilisée pour réfléchir, lire ou compter.

Les dégâts observés sur les neurones dépendent de l’âge où la consommation a débuté.

Autres facteurs essentiels : la dose et la régularité. Boire beaucoup d’alcool lors d’une soirée (binge drinking), est particulièrement nocif. Fumer un pétard tous les jours aussi. Plusieurs études ont montré que les atteintes sur la mémoire et l’apprentissage sont encore plus importantes chez les filles que chez les garçons.

La dépendance s’installe vite

Le cerveau en construction est particulièrement réceptif aux effets des drogues, alors très vite, il en redemande. C’est ainsi que s’installe la dépendance. Plus tôt elle se met en place, plus la mémoire du produit est enregistrée profondément dans le cerveau et difficile à effacer.

La consommation précoce de cannabis et d’alcool peut aussi favoriser d’autres dépendances à l’âge adulte, car les dégâts provoqués par ces produits touchent surtout les régions impliquées dans le contrôle des pulsions. Or une moindre capacité de contrôle favorise les comportements à risque, dont la consommation de drogues.

La France est un des pays européens où la consommation de cannabis est la plus forte. En 2011, environ 5 % des ados (7 % des garçons et 3 % des filles) présentaient un « risque élevé d’usage problématique voire de dépendance » au cannabis, selon l’Inserm.

De son côté, le docteur Olivier, responsable de la consultation jeunes consommateurs au centre Pierre-Nicole de la Croix-Rouge à Paris analyse que « La dépendance peut aussi être liée à la façon dont le jeune consomme. Celui qui fume juste pour se faire plaisir va arrêter assez vite. Mais c’est plus compliqué chez ceux qui consomment pour compenser quelque chose, ceux qui utilisent le cannabis pour gérer certaines émotions, comme l’anxiété, la peur ou la tristesse ».

Une vulnérabilité psychique

L’adolescence est une période de vulnérabilité psychique pendant laquelle peuvent apparaître des troubles psychotiques ou la schizophrénie. L’immense majorité des jeunes consommateurs de cannabis ne rencontreront pas de problème psychiatrique. Mais chez certaines personnes, cette consommation, surtout si elle est précoce et importante, peut provoquer la survenue de troubles anxieux ou dépressifs, de troubles psychotiques ou d’une schizophrénie. Ce risque est lié à certaines vulnérabilités individuelles et dépend de certains facteurs génétiques, de l’âge ou d’antécédents familiaux psychiatriques.

La consommation de cannabis multiplie par deux le risque d’apparition de ces troubles qui sont aussi plus précoces, notamment chez les personnes fragiles. Le binge drinking expose à l’anxiété et à la dépression. 

Les autres conséquences sur la santé

Etant consommé généralement avec du tabac, le cannabis peut entrainer des maladies respiratoires. Il peut également modifier le rythme cardiaque et être dangereux pour les personnes souffrant d’hypertension ou de maladies cardiovasculaires.

De plus, une consommation de cannabis très dosé en THC peut provoquer un « bad trip » et une intoxication aiguë, qui se manifestent par une angoisse intense, des palpitations, des tremblements, des sueurs froides, de la confusion et parfois une perte de connaissance.

Dégradation de la santé jusque tard dans la vie

Si les effets de l'ivresse ou de la consommation de cannabis sont vite passés, ses conséquences sur la santé peuvent, elles, se faire sentir bien des années plus tard.

En effet, des séquelles à long terme peuvent être observées ; et ce même après l’arrêt de consommation.

- Une étude a montré que la dépendance au cannabis pouvait entraîner, à l’âge adulte, une baisse du quotient intellectuel (QI) pouvant aller jusqu’à huit points.

- Les anciens consommateurs dépendants à l'alcool sont également en moins bonne forme physique et mentale que les autres.

Les autres risques

Les effets négatifs moins ressentis

Les jeunes sont moins sensibles que les adultes aux effets désagréables de l’alcool (troubles de l’équilibre, lenteur, somnolence…) et plus réceptifs à ses effets désinhibiteurs (euphorie, assurance…), ce qui les incitent à boire davantage.

Davantage de prises de risques

Les régions cérébrales frontales arrivent à maturité en dernier, or elles sont notamment impliquées dans la prise de risque. C’est pourquoi les jeunes ont tendance à plus se mettre en danger que les adultes. L’alcool donne de l’assurance et aggrave ce sentiment d’invulnérabilité, favorisant les comportements à risque : rapports sexuels non protégés, conduite en état d’ivresse…

Association de mauvaises habitudes

La consommation répétée provoque des blessures dans les aires du cerveau qui gèrent la régulation des émotions, la maîtrise de soi et la prise de décisions. Les consommateurs seraient aussi plus enclins à adopter d'autres mauvaises habitudes comme une alimentation déséquilibrée, un manque d'exercice physique ou encore le tabagisme.

Les dangers sur la route

L’alcool et le cannabis modifient la perception visuelle, la vigilance et les réflexes. Ces effets peuvent durer de deux à dix heures. Le risque d’accident mortel est ainsi important et peut être augmenté en cas d’association des deux substances, souvent pratiquée chez les jeunes :

Un conducteur a 1,8 fois plus de risque d’être responsable d’un accident mortel quand il a consommé du cannabis. Quand il consomme aussi de l’alcool, le risque est multiplié par 14.

Quels sont les seuils de consommation ?

Pour l’alcool, il existe des repères simples : ne pas dépasser trois verres par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes.

Mais il est plus difficile de donner ce type de repères pour le cannabis puisque les risques dépendent de la consommation : la dose, le taux de THC, la précocité, la vulnérabilité individuelle … Les médecins se refusent ainsi de fixer un nombre de joints « acceptable »,en deçà duquel l’usager ne court aucun risque. « Le risque d’altérations cérébrales peut exister pour des faibles consommations chez des sujets particulièrement vulnérables », souligne l’Inserm.

 

Source

bayard-jeunesse

topsante

La croix

 

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