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Alcoolisme: repérer et aider

Alcoolisme: repérer et aider

La consommation d’alcool

En France, pays producteur viticole et aux pratiques gastronomiques fortes, la consommation d’alcool est un sujet sensible.

L’alcool est associé aux événements festifs, aux modes de vie et à la culture. C'est le symbole de la fête et du bon vivant : en soirée, celui qui ne boit pas, c'est le rabat-joie.

Le vin, le champagne, la bière et la liqueur font partie de notre patrimoine national ; dans certaines régions, l'apéro est même une institution.

Cet héritage social et culturel est renforcé par des enjeux économiques. Ce contexte induit ainsi une tolérance générale vis-à-vis de la consommation d’alcool.

Pourtant d’après les données officielles relayées sur le site de Santé publique France, la consommation d’alcool s’avère être la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac. Elle est responsable de 49 000 décès :

- 15 000 décès par cancer (de la bouche, du pharynx, de l’œsophage),
- 12 000 décès liés à des maladies cardiovasculaires (surtout des infarctus),
- 8 000 cirrhoses hépatiques fatales,
- 8 000 suicides ou accidents de la route par an.

Soit 13 % de la mortalité pour les hommes et 5 % de la mortalité pour les femmes.40 % des victimes ont moins de 65 ans.

Une étude publiée en 2015 notait que l’alcool était la première cause d’hospitalisation (58 0000 patients pour un coût estimé à 2,6 milliards d’euros). Par ailleurs, la consommation excessive d’alcool entraîne des dommages importants par la gravité des morbidités associées, mais aussi par son impact dans la sphère publique, privée et professionnelle.

Au-delà, en effet, du problème médical qu’il représente en termes de morbidité et de mortalité, l’alcool impacte grandement la société dans son ensemble à plusieurs titres : accidents de la route ou de la vie courante, accidents du travail, mais aussi absentéisme par arrêts répétés ou de longue durée, baisse de concentration, perte globale de productivité, agressions physiques et sexuelles, violences conjugales et domestiques, rapports sexuels non protégés, incivilités et destructions intentionnelles.

Il engendre aussi des nuisances au développement de l’enfant (syndrome d’alcoolisation fœtale, mauvais traitements, négligence parentale).

Enfin, d’après les chiffres communiqués par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le coût social de l'alcool est estimé à 120 milliards d'euros par an.

Qu’est-ce que l’alcoolisme ?

Si l'alcoolodépendance touche 2 millions de personnes en France, en réalité, 5 millions de Français ont « un problème avec l'alcool ». Il est ainsi important de pouvoir reconnaître une consommation à risque et d’aider une personne en difficulté avec l'alcool.

L’alcoolisme (aussi appelé l'alcoolodépendance) est une maladie qui se caractérise par une dépendance à l'alcool : la personne alcoolique ressent un besoin irrépressible de boire, a totalement perdu le contrôle vis-à-vis de sa consommation et est animée par des pensées obsessionnelles autour de cette boisson : comment me procurer de l'alcool ? Comment boire discrètement ?

Le manque l’alcool peut entraîner des sudations, une perte de sommeil, des angoisses, des tremblements, mais aussi des vomissements, une perte d’appétit et l’irritabilité.

Cependant, d'après la pyramide de Skinner (le document de référence pour les professionnels), il existe différents stades de la dépendance à l'alcool :

- La consommation modérée concerne 80 % des Français : un verre de temps en temps, généralement dans un contexte festif. Aucune dépendance, aucun problème pour la santé. C'est le stade juste au-dessus des abstinents – qui ne boivent pas (ou plus) d'alcool.
- La consommation à risque commence lorsque l'alcool influence certains de nos choix : on conduit en état d'ébriété, on devient plus irritable (surtout lorsqu'on n'a pas bu), nos relations conjugales se détériorent...
- La consommation à problème, c'est l'étape juste au-dessus : on se fait arrêter par la police pour conduite en état d'ébriété, l'alcool est responsable d'une rupture amoureuse, de problèmes au bureau... Il y a un impact concret au niveau professionnel, psychique, physique et/ou judiciaire.
- L'alcoolisme, c'est la dépendance totale : à terme, au niveau de la santé, cela se traduit par des troubles neurologiques, des maladies cardiovasculaires, des problèmes psychologiques, des cancers...

Les consommateurs à risques (et certains consommateurs à problèmes) peuvent être accompagnés pour réduire leur consommation d'alcool. En revanche, les personnes souffrant d'alcoolisme doivent impérativement suivre un traitement médical.

Comment reconnaître une personne en difficulté avec l'alcool ?

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) propose des « seuils de consommation » :

- 1 à 2 verres par jour pour les femmes
- 2 à 3 verres par jour pour les hommes

Ces seuils ne sont que des indications, des repères de consommation. Une personne peut avoir un problème avec l'alcool et ne boire qu'un verre ou deux par jour.

Pour rappel

 

Pour le spécialiste de l’ANPAA, Laurent Crastes, quelques signes peuvent alerter :

- Une consommation quotidienne. « Si, à la fin de journée, la personne se dit « Tiens, j'ai oublié de boire ma bière aujourd'hui », il y a un problème. De manière générale, l'apéritif doit rester occasionnel. »
- L'alcool comme déstressant. « Si, après une dispute ou un moment difficile, la personne se sert un verre, c'est que l'alcool est devenu un rituel anti-stress. Cela peut être un premier pas vers l'addiction. »
- Une consommation matinale. « C'est un signe qu'il ne faut surtout pas négliger. »
« Si la personne refuse de sortir au restaurant ou chez des amis s'il n'y a pas d'alcool, ou si cette perspective la rend irritable, c'est également significatif. »
- L’alcoolisme pulsionnel : « Si la personne ne boit pas d'alcool pendant plusieurs semaines puis « se lâche » pendant une soirée (elle perd totalement le contrôle de sa consommation), et que ce comportement se répète plusieurs fois, cela peut aussi signaler un problème. »

De manière générale, les questions peuvent se poser dès que l'alcool devient une habitude quotidienne ou une réponse face aux soucis.

« Le problème commence dès que la personne a perdu la liberté de s'abstenir de boire. »

Toutes les catégories sociales peuvent être touchées par ce problème : cela concerne les hommes, les femmes, les ados, les personnes âgées...

Comment aider cette personne ?

Voici les conseils du spécialiste, pour réagir sans commettre d'impairs.

- Créez les conditions du dialogue. Prenez quelques minutes pour parler avec la personne concernée : choisissez un lieu calme, loin des oreilles indiscrètes. Exprimez votre inquiétude, sans agresser votre interlocuteur. Exemple : « Chéri(e), je m'inquiète pour toi, je trouve que tu bois beaucoup d'alcool ». Pas besoin « d'enfoncer » la personne en listant vos arguments : l'important, c'est de provoquer un dialogue.

Le plus souvent, la personne concernée sera dans le déni : il est donc inutile de chercher à lui faire peur, de la ridiculiser ou de lui hurler dessus... 

- Prenez rendez-vous auprès d'un professionnel. « Dès l'instant où vous avez un doute, vous pouvez prendre rendez-vous auprès d'un centre d'addictologie. La consultation est gratuite, anonyme et soumise au secret médical : la personne bénéficiera d'un entretien avec un spécialiste, qui fera le point sur sa consommation d'alcool. ».

Même s'il s'agit d'une fausse alerte. La personne ne souhaite pas prendre rendez-vous ? Tant pis : vous irez seul(e). L'important, c'est d'entamer une démarche, pour « entrouvrir la porte ».

- Ne restez pas seul(e). « Soutenir une personne qui a un problème avec l'alcool, cela peut être très difficile à vivre, affirme Laurent Crastes. Aussi, il est essentiel de ne pas affronter cette situation tout seul.»

Les attitudes à éviter

Surveiller Pas question d'infantiliser la personne en se plaçant dans une posture de surveillance : cette attitude risque de briser le lien de confiance (et la communication) entre vous et la personne concernée.

Se moquer « Regarde-toi, tu n'es qu'une loque ! Tu es encore bourré(e) ! » : très mauvaise idée. En voulant créer un électrochoc, on risque tout simplement de renfermer la personne sur elle-même... et donc, d'aggraver son problème.

Couvrir Pour éviter le jugement social, on pourrait avoir envie de « cacher » le problème d'alcool d'un proche. Une fausse bonne idée, qui n'arrangera certainement pas la situation.

Source :

Femme Actuelle

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