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Journée Internationale des overdoses

Journée Internationale des overdoses

31 août 2016

Cannabis, alcool, drogues dures, NPS (nouveaux produits de synthèse), les produits psychoactifs sont de plus en plus dosés et les usagers recherchent des sensations toujours plus extrêmes. Le contexte social favorise également les consommations de substances et donc le risque d’overdose.

Mais alors quels sont les chiffres des overdoses en Europe ? Quels produits sont concernés ? Quelles sont les tendances actuelles ? Dans quelle mesure le contexte social joue-t-il un rôle ?

Pour la journée internationale de prévention des overdoses ; nous avons voulu aborder ce sujet qui touche nos sociétés modernes.

L’overdose

Les usagers peuvent se questionner sur la dose optimale à ingérer pour avoir les effets de la substance sans risquer le badtrip ou la surdose. Et pourtant ils prennent le risque d’avoir des réactions négatives voir mortelles en pensant maitriser leur consommation.

Quand on dit « overdose », on a tendance à penser aux drogues dures telles que la morphine, l’héroïne ou les opiacés, qui sont consommées par des usagers plus ou moins importants.

En France, les cas d’overdoses à ces produits sont plus rares (270 personnes perdent la vie chaque année après une overdose) qu’aux Etats-Unis qui subit une véritable épidémie, notamment chez les jeunes (28 000 personnes sont mortes en 2014).

Pourtant, l’overdose touche toutes les substances – alcool, cocaïne, cannabis… et tous les consommateurs ; à des degrés divers et des mécanismes variables. 

La surdose : définition

C’est une consommation trop importante d'un produit que l'organisme ne peut pas tolérer. Une surdose altère l’équilibre de l'organisme et entraîne une série de symptômes qui varient selon les personnes, le produit et la quantité administrée.

Une surdose d’opiacés se traduit par une dépression respiratoire (ralentissement anormal de la fréquence respiratoire), pouvant mener au décès.

Les chiffres des décès par overdose

Selon François Beck, directeur de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), « le nombre de décès par surdoses est resté stable en France depuis 2010. Cela fait suite à une hausse enregistrée dans les années 2000, liée au retour d’une héroïne pure sur le marché. On est alors passés de 200 décès chaque année à plus de 350 ».

De fait, 80 % des overdoses mortelles en France est liée à une consommation d’opiacés.

La MDMA et les amphétamines représentent moins de 5 % de l’ensemble des morts par surdose, alors qu’ils sont plus consommés que les opiacés. Les risques ici relèvent plutôt des effets inattendus (badtrip, déshydratation, baisse de vigilance…).

Les overdoses à la cocaïne semble elles être en baisse. En revanche, les substances de coupe inquiètent, notamment quand elles sont remplacées par des Nouveaux Produits de Synthèses (NPS), moins chers et surtout plus forts.

François Beck, directeur de l'OFDT : « Il y a parfois de la cocaïne qui circule sous le nom de cocaïne. En réalité, elle contient un petit peu de cocaïne et beaucoup de produits de synthèses, ce qui augmente les risques. » 

 

Découvrez les chiffres liés à la drogue en temps réel

http://www.planetoscope.com/index-v2.php?str1=sante&str2=drogues

 

Consommation mondiale de cannabis

cannabis

Chiffres d’affaires mondial du trafic de drogues

trafic drogues

 

Nombre de décès par overdose en Europe

 overdose

 

Nombre de personnes qui s’injectent des drogues

 drogues

 

Une nouvelle tendance : les overdoses de cannabis

Une nouvelle tendance fait son apparition depuis quelques années : les overdoses de cannabis qui représenteraient presque un dixième de l’ensemble des décès par surdose.

François Beck, directeur de l'OFDT : « Avant 2010, ça n’avait jamais été observé. Le cannabis était peut-être consommé avec d’autres produits, mais selon les autopsies, c’est lui qui a causé la surdose »

Cette augmentation pourrait être en lien avec l’augmentation de la teneur en THC (tétrahydrocannabinol) de la marijuana située aujourd’hui aux alentours des 15 % en moyenne, contre 5 % à la fin des années 1990. Les victimes d’overdoses de cannabis sont plutôt des gros fumeurs, les consommateurs légers sont plus sujets aux badtrips et crises d’angoisse.

« Comme son nom l’indique, l’augmentation du dosage est un facteur de risque important de surdose. C’est particulièrement vrai pour les opiacés, mais aussi pour tous les produits, y compris les drogues de synthèses type amphétamines - même si les décès par surdose de cette substance restent rares », souligne François Beck.

Les NPS : la drogue moderne

Achetés sur Internet et livrés par la poste « les Nouveaux Produits de Synthèse sont souvent plus dosés que les stupéfiants classiques et les consommateurs peuvent rencontrer des difficultés à maîtriser la dose », explique François Beck. D’où un certain nombre de badtrips et autres effets indésirables.

Paradoxalement, le nombre d’overdoses à ces produits est limité, parce qu’ils s’adressent pour le moment à un public d’initiés. Elles concernent plus les expérimentations naïves, sans recherche d’information au préalable. « Les consommateurs habituels de NPS sont plutôt connaisseurs, ils se renseignent sur les forums d’usagers où figurent des informations sur les dosages. Il est possible également que le nombre de surdoses de NPS soit sous-estimé car on les recherche moins systématiquement lors d’une autopsie », ajoute encore François Beck.

Toutefois, avec le succès que rencontrent les NPS auprès d’un public de plus en plus large, il est fort possible que la situation évolue.

Un contexte social favorisant les surdoses 

On peut maintenant s’interroger sur ce qui pousse les populations à consommer des drogues en connaissant les risques associés.

Hormis le produit, la concentration et la composition, il y a de nombreux facteurs d’explication des surdoses en lien direct avec notre société moderne comme l’explique Jean-Pierre Couteron, président de Fédération Addiction.

En effet, les consommations sont liées au mode de vie des usagers qui impacte le rapport qu’ils peuvent avoir avec les substances. L’augmentation du dosage est quant à elle impulsée par la recherche d’ « hypersensation » qui touche toutes les couches de la population.

« On ne peut pas dissocier les usages des modes de vie. Dans une fête foraine, personne ne s’intéresse plus au manège, tout le monde recherche l’attraction qui donnera le grand frisson, même si elle est déconseillée aux cardiaques ! Il en va de même pour les drogues. Aujourd’hui, on exige des substances un niveau d’intensité plus élevé qu’auparavant, ce qui peut influer sur les surdoses - même s’il ne s’agit que d’un facteur explicatif parmi beaucoup d’autres » explique Jean Pierre Couteron.

De plus nos sociétés actuelles demandent un certain niveau de performance, d’exigence et de réussite individuelle, qui peut expliquer le phénomène de dopage (dans le sport, la vie professionnelle...) pour répondre à cette demande d’efficacité et d’une certaine rentabilité.

Le contexte de crise économique joue également un rôle avec des individus « inclus » et d’autres « exclus » de la réussite et l’apparition d’économie parallèle et des phénomènes d’exclusion qui favorisent les consommations de substances.

 

Portrait du jour

Raphael, un jeune Montréalais d’une trentaine d’année s’est livré au quotidien indépendant « Le devoir » pour raconter l’histoire d’une vie cassée qui commence par une enfance ballottée. Dans la rue « on et off » depuis qu’il a 17 ans, il reste évasif sur ce qui l’a conduit dans ces recoins du centre-ville.

Quelques années d’abstinence, puis il replonge, après un séjour à l’hôpital lors duquel on lui prescrit un antidouleur narcotique. Les stigmates de la rue et de la maladie crèvent les yeux. Huit à dix fois par jour, Raphaël s’injecte des médicaments opioïdes.

« Dans une ruelle, tu as tout le temps peur. De l’overdose, d’être surpris par la police… Stressé, on s’injecte mal, les risques d’abcès ou d’infection sont là. Je me gèle pour éteindre la douleur. » Parfois, il pense à décrocher. « Mais pas sans aide médicale. »

« Une surdose n’est pas forcément mortelle, mais si tu es seul dans une toilette publique, le temps avant qu’on te trouve peut-être fatal. Et trop souvent, quand ça arrive, le premier réflexe est d’appeler la police, pas une ambulance. »

Découvrez également d’autres témoignages de toxicomanes dans « Parole de toxicomanes » du site Drogues-info-service.fr

 

 

Sources :

Pourquoidocteur.fr Article de Marion Guérin 

 

Ledevoir.com Texte de Sophie Mangado

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